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La charge mentale et la relation à soi: et si le poids ne venait pas seulement de ce que tu portes?


Au fil de ma carrière d’ergothérapeute, j’ai eu le privilège d’accompagner des personnes dans des réalités humaines profondément marquantes. J’ai accompagné des personnes en fin de vie, d'autres confrontées à des maladies dégénératives ou à des accidents ayant bouleversé leur quotidien de façon irréversible. Plus récemment, mon parcours m'a menée vers l'accompagnement en santé mentale.

Toutes ces rencontres me font réfléchir. Elles m'invitent à prendre du recul sur nos façons de vivre, de penser et de porter nos responsabilités.

Un thème revient constamment dans les échanges avec mes clients : la charge mentale.

On associe souvent ce concept aux femmes, particulièrement aux mères. Pourtant, ce que j'observe sur le terrain est bien plus nuancé. J'accompagne aussi de nombreux hommes qui portent une charge mentale immense. Des hommes préoccupés par leur travail, leurs finances, leur rôle de conjoint, de père, leurs responsabilités et les attentes qu'ils entretiennent envers eux-mêmes.

On parle souvent de charge mentale comme de cette longue liste invisible de choses à penser, à planifier, à anticiper et à gérer. Les rendez-vous. Les repas. Les enfants. Le travail. Les responsabilités. Les imprévus. Plus j'écoute mes clients, plus je réalise que la charge mentale ne se résume ni à un certain genre ni uniquement à tout ce que nous avons à gérer. Elle est intimement liée à la façon dont nous nous demandons de porter ce qui repose sur nos épaules.


Et si la charge mentale ne venait pas uniquement de ce que tu portes?


Et si une partie de son poids provenait aussi de la façon dont tu te demandes de le porter?


C'est une nuance importante.


Parce que deux personnes peuvent vivre des réalités semblables et ressentir des niveaux de surcharge complètement différents.

Pourquoi?

Parce que la charge mentale est souvent composée de deux éléments :


L'accumulation

Tout ce qui occupe ton esprit, demande de l'énergie ou sollicite ton attention.


L'exigence intérieure

Les règles, les attentes et les pressions que tu t'imposes à toi-même.


Les fameux :

  • « Il faut que je réussisse à tout faire. »

  • « Je devrais être capable. »

  • « Je n'en fais pas assez. »

  • « Je vais me reposer quand tout sera terminé. »


C'est souvent là que le poids devient plus lourd.


La même tâche peut être vécue différemment selon le regard qu'on porte sur soi pendant qu'on la traverse.


Une mère peut préparer un souper en se disant : « Je fais de mon mieux aujourd'hui. »


Une autre peut préparer exactement le même repas en se répétant : « Ce n'est pas assez santé. Je suis en retard. C’est le bordel dans la cuisine. Les autres font mieux que moi. J'aurais dû être plus organisée.»

L'action est identique.


L'expérience intérieure est complètement différente…



Quand le stress prend toute la place



Le stress n'apparaît pas uniquement parce qu'il y a beaucoup à faire.

Il apparaît souvent lorsqu'il n'y a plus d'espace.

Plus d'espace pour respirer.

Plus d'espace pour ressentir.

Plus d'espace pour ralentir.

Le corps devient saturé.

Le mental tourne en boucle.

Les pensées s'accumulent les unes sur les autres.

On continue d'avancer, mais avec la sensation de porter un sac à dos de plus en plus lourd.

Et souvent, dans ces moments-là, notre premier réflexe est d'ajouter encore plus de contrôle.


Mieux performer.

Mieux s'organiser.

Faire davantage.


D’ailleurs, c’est ce qu’on me demande souvent: comment je peux mieux planifier, mieux m’organiser, en faire plus? 


Alors que ce dont nous aurions le plus besoin, très souvent, c'est d'une relation différente avec nous-mêmes.



La bienveillance envers soi,

c'est quoi au fond?


La bienveillance envers soi n'est pas du laisser-aller.

Ce n'est pas abandonner ses responsabilités.

Ce n'est pas se trouver des excuses.

Ce n'est pas devenir paresseux, apathique ou cesser d'avancer.

Ce n'est pas se donner la permission de tout remettre à plus tard ou de renoncer à ce qui compte pour nous.


C'est apprendre à se rencontrer avec autant de douceur que celle qu'on offrirait à quelqu'un qu'on aime.


C'est remplacer le jugement par la curiosité.

Remplacer la critique par l'écoute.


Remplacer le « qu'est-ce qui ne va pas chez moi? » par

« de quoi ai-je besoin en ce moment? »


La bienveillance ne fait pas disparaître les défis. Elle change la façon dont on les traverse.



Changer la relation que tu entretiens avec ce que tu ressens



Nous passons beaucoup de temps à essayer de faire taire nos émotions.

À combattre la fatigue. À se comparer. À repousser l'anxiété. À ignorer la tristesse. À nous reprocher d'être dépassées.


Et si le véritable changement n'était pas de faire disparaître ces émotions... mais de changer notre relation avec elles?


La fatigue peut devenir un message plutôt qu'un échec.

L'anxiété peut devenir un signal plutôt qu'un défaut.

Les émotions peuvent devenir des informations plutôt que des ennemies.

Quand on cesse de lutter contre ce que l'on ressent, on récupère une partie de l'énergie qui était utilisée pour cette bataille intérieure.


Et si la bienveillance créait simplement un peu plus d'espace?


Peut-être que la bienveillance ne sert pas à devenir une meilleure version de soi. Peut-être qu'elle sert simplement à respirer un peu mieux à l'intérieur de sa propre vie.


À déposer, pour quelques instants, le poids du « je dois ».

À faire un peu plus de place au « je suis ».

Parce qu'au fond, la charge mentale n'est pas seulement une question de quantité.


C'est aussi une question de relation.


La relation que nous entretenons avec nos responsabilités.

Avec nos émotions.

Et surtout... avec nous-mêmes.


Et parce qu’avec Mademoiselle Green, notre mission est la bienveillance féminine, je t’encourage vraiment à nourrir une relation bienveillante avec la personne la plus importante du monde: toi. ;) 


 
 
 

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