Stress et charge mentale chez les femmes : quand ton corps essaie de te parler
- Mademoiselle Green

- 9 avr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 avr.
Quand tout semble sous contrôle… mais que tout déborde à l’intérieur

Avril, c’est le mois de la sensibilisation au stress
Un mot qu’on utilise souvent… mais qu’on prend rarement le temps de vraiment écouter.
Parce que derrière le stress, il n’y a pas seulement trop de choses à faire, il y a souvent quelque chose de plus silencieux, de plus insidieux…quelque chose en nous qui essaie de se faire entendre.
Et si on est honnête entre nous… c’est une réalité profondément féminine.
Quand tout fonctionne… mais que tout déborde à l’intérieur
J’y arrivais… mais à quel prix?
Quand mes enfants étaient petits, mon conjoint était souvent à l’extérieur pour le travail.
De mon côté, je travaillais à temps plein en CLSC.
Ma vie était orchestrée au quart de tour.
Je me souviens très bien de cette sensation d’être constamment éparpillée… à bout de souffle. Et pourtant… en apparence, tout allait bien.
J’étais organisée, structurée, et (très) perfectionniste. La maison était propre.
Je cuisinais chaque jour. Je m’entraînais presque quotidiennement. Je prenais soin de moi. J'étais productive et appréciée au travail.
Je lisais des histoires aux enfants avant le dodo avec le sourire.
Mon agenda débordait… mais tout fonctionnait.
Sauf qu’au fond…j’arrivais à la fin de mes semaines complètement pleine.
La tête remplie. Le cœur saturé.
Je me sentais dépassée.
Et ça se traduisait souvent par de l’irritation… pour le moindre imprévu (et des imprévus avec de jeunes enfants… il y en a tous les jours)!
Quand mon conjoint revenait et avait besoin à son tour d’attention, je pouvais réagir vivement…avec cette envie profonde qu’on me laisse enfin tranquille.
La charge mentale : ce poids invisible du quotidien
Avec du recul, je réalise à quel point cette période est exigeante. Porter le rôle de parent… en plus de tous les autres chapeaux…c’est immense.
Et ce que je vivais, ce n’était pas seulement de la fatigue. C'était du stress...qui s’accumulait, silencieusement. Pas celui qu’on voit. Celui qui s’installe quand on tient trop longtemps… sans jamais relâcher. Et souvent, ce stress-là ne vient pas seulement de ce que tu fais… mais de tout ce que tu portes sans même t’en rendre compte.
La charge mentale, c’est tout ce qui ne se voit pas.
C’est penser à tout.
Planifier.
Anticiper.
Organiser.
Se souvenir.
Coordonner le quotidien… pour que tout roule.
Même si aujourd’hui, les rôles sont plus partagés qu’avant…cette charge reste encore, très souvent, dans la cour des femmes.
Pas par manque de volonté des partenaires.
Mais parce que c’est profondément ancré.
Dans notre histoire.
Dans notre éducation.
Dans nos réflexes.
Et ce stress-là ne disparaît pas…
Il s’imprime dans le corps.
Fatigue persistante.
Irritabilité.
Tension.
Impression d’être toujours pleine.
Il s’accumule… jusqu’à ce qu’il se fasse sentir
Une prise de conscience, ce réflexe est encore là
Cette semaine, je pars en formation à Montréal pour quelques jours.
Et malgré tout ce que je sais…malgré toutes mes valeurs d’égalité…
Je me surprends à vouloir préparer des repas à l’avance pour mon conjoint.
Remplir le frigo. Planifier les transports des enfants.
Coordonner le maximum avant de partir.
Et pourtant…
Mon conjoint s’absente régulièrement pour le travail depuis des années.
Et jamais (pas une seule fois) il ne m’a préparé des repas à l’avance.
Pas parce qu’il ne voudrait pas. Mais parce que je ne le demande pas.
Et lui… il sait que je vais me débrouiller.
Alors pourquoi est-ce que moi, je ressens encore ce besoin de tout prévoir pour lui?
À l’écrire… ça vient me chercher.
Ce n’est pas normal… c’est un signal du corps
Ma mère, elle-même ayant eu 4 enfants, me disait souvent:
C’est normal d’être fatiguée avec des jeunes enfants.
Mais est-ce que ça devrait l’être?
Être constamment irritée… impatiente… dépassée…ce n’est pas un état normal.
C’est un signal.
Un signal que ton corps t’envoie quand il n’y a plus d’espace.
Un signe que quelque chose est déséquilibré. Que des besoins ne sont pas comblés.
Et à long terme… ça gruge!
Ça peut mener à l’épuisement. À des tensions dans le couple.
À des décisions prises dans la fatigue. À une perte de soi.
ok… mais concrètement, tu fais quoi avec tout ça?
Si tu te reconnais là-dedans… c’est peut-être le bon moment pour t’arrêter et faire le point.
Télécharge le guide: Équilibre de vie : une approche pour se recentrer
Les signaux du stress qu’on apprend à ignorer
Avec le temps, on devient très bonne pour continuer malgré tout.
Ignorer la fatigue.
Minimiser l’irritation.
Se dire que ça va passer.
Continuer… comme si de rien n’était.
Mais le corps, lui, n’oublie pas.
Il s’adapte… jusqu’à ce qu’il n’en soit plus capable.
En ce mois de la sensibilisation au stress, et si on faisait autrement?
Ce mois-ci, on t’invite à simplement observer.
À regarder ton quotidien… avec douceur.
À te poser quelques questions simples:
Qu’est-ce que je porte… qui pourrait être partagé?
Qu’est-ce que je fais par automatisme… plutôt que par réel besoin?
Où est-ce que je pourrais m’alléger, concrètement?
Et surtout…
À te rappeler que tu as le droit, toi aussi, d’être soutenue.
Le stress et la charge mentale ne disparaîtront pas du jour au lendemain.
Surtout avec toute l'histoire que les femmes portent depuis tant de générations.
Mais chaque prise de conscience… chaque ajustement…est un pas vers plus de légèreté.
Et si on arrêtait, ensemble, de glorifier le j’y arrive toute seule…pour commencer à écouter ce qui, en nous, pèse profondément? Honorer le je mérite d’être soutenue ? Et parfois, le vrai changement commence simplement par ça : s’autoriser à ne plus tout porter en silence.
Parce que l’équilibre…ça se construit aussi à plusieurs.

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